OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 [edito] France: round b fever! http://owni.fr/2011/03/31/edito-france-round-b-fever/ http://owni.fr/2011/03/31/edito-france-round-b-fever/#comments Thu, 31 Mar 2011 06:36:34 +0000 Nicolas Voisin http://owni.fr/?p=54329 NDA : ceci est un édito « Jean-Claude Vandamme compatible ». Il mélange allègrement les langues, car il tente un mix des cultures qui exige un minima de gymnastique linguistique ;-)

Légende

Sustainability : rentabilité ou profitabilité, au sens d’un modèle économique qui permet l’équilibre et tend à le rendre durable. Le modèle fondamental d’une économie traditionnelle.

Scalability : aptitude d’un produit ou d’un modèle économique à devenir exponentiel en terme de marges générées. Souvent similaire d’absence de modèle de revenus au départ et de pertes durables, il est une norme dans le numérique (ex : logiciels et services à coûts fixes voire faible et marché considérable)

VC : Venture Capitalists, les grands frères des Business Angels, c’est à dire les représentants des fonds d’investissements, ici dans leur acception américaine.

Round : tour de table, au sens d’une ouverture de capital à des investisseurs. Dans le langage courant on parle de levée de fonds, en général synonyme d’une augmentation de capital par émission d’actions nouvelles souscrits par des investisseurs aptes à capitaliser une société.

PME : « une société qu’il faut aider » (Benjamin Bertrand, Philippe Bodénez et Etienne Hans [PDF] ;-)

Simplexification : Google et Wikipedia [en] sont vos amis!

La « sustainability » a un prix

Racontez à un VC, américain par exemple, que votre société est rentable. Il comprendra “je ne vais pas faire de big deal”. Racontez lui comment vous êtes rentables – en étant innovant, en expérimentant, en testant des marchés et des modèles économiques que n’ont pas investi vos concurrents – ici la vente de contenants, c’est à dire des sites, webapp, du datajournalism et autre lignes de codes open-source – et il vous répondra “je n’ai rien compris. c’est trop complexe”.

C’est, en creux, une partie de ce que nous avons compris à SxSW, où nous étions en finale. Les VC d’Austin n’investissent pas en Californie. Et ceux de San Francisco rarement à Palo Alto. Ils investissent de plus en plus « à 10 miles ». Pour passer au petit dej. La « scalability » est leur unique grille de lecture. Et ils avancent et « montent » à bord round après round. Nous étions en finale de l’un des principaux accélérateurs au monde dans notre écosystème news + technology (« news technology related » gagné par Storify, où nous étions la seule société non américaine finaliste) et nous avions bien l’intention d’en profiter pour tester notre discours avec les ” VC US”.

Fessée cul-nul et leçon de vie

Nous sommes européens. « Sustainable » et fiers de l’être. Ils sont américains. « Scalable » au prix de “fail quickly”… Et bornés à le demeurer. C’est ainsi que l’on finance des Google, Twitter, Facebook ou… Quora. Et une bulle de naître ces jours-ci! Une bulle faite de développeurs sans marketeux, d’algorithmes sociaux sans contenus à valeur ajoutée, une bulle de jeux, de « persocialisation » et d’hyperlocal géo-augmenté, enfin une bulle, plein de buzz-words et autres killer concepts à base d’apps – jamais universelles :)

Cette spécificité est vertueuse!

Une philosophie de la vertue créatrice ? La spécificité du marché européen, caractéristique des entreprises et PME françaises – la recherche absolue de « sustainabilité », d’équilibre – lié à la difficulté à se financer par la dette, bancaire, et à l’étroitesse extraordinaire du maillage financier de l’innovation – qui plus est dans le numérique et de manière caricaturale dans les contenus web – cette spécificité n’est pas seulement une faiblesse. Ce modèle est aussi vertueux. Il permet les réglages, les faux départs, la construction par agrégation de talents, l’innovation contrainte, par les moyens, par la quête de la rationalité. On fait pire accompagnement de “start-up”.

Mais ce modèle a besoin d’investisseurs qui interviennent une fois le modèle démontré ! Ce n’est pas le cas du modèle français, riche de “business angels” de “round a” (de premier tour de table à des valeurs minimalistes) mais extraordinairement pauvre de fonds et d’acteurs industriels de “round b” c’est à dire montant au capital après démonstration du modèle économique (en année 2 ou 3 en rythme normal) pour soutenir la quête de « scalabilité », de gains de marges à potentiel exponentiel quand il s’agit du numérique. En « round c », pas de soucis, vous pouvez dialoguer avec des investisseurs à plus de 10 miles. Ça tombe bien, car il n’y a pas d’acteur véritablement innovant (et couillu !) de « round c » en France non plus.

Le modèle européen a besoin de ses VC !

La « scalabilité » et le « focus » sont à ce prix

Si vous voulez rendre « scalable » votre activité, encore faut il en avoir testé les diverses facettes et les opportunités comme les effets de bords de certains arbitrages. Être focus est le temps 1 en économie de type américaine. C’est le temps 2 en économie de type européenne. Préjuger de la valeur de l’un des modèles sur l’autre serait souvent se tromper. Et paradoxalement laisser trop peu de chance à l’erreur constructive (nous tirons plus d’enseignements de nos erreurs que de nos justes intuitions ;)

« Scalability » is a « simplexification » process

Il ne parait pas aberrant de devoir passer par une alchimie économique complexe, expérimentale, qui a besoin d’être « sustainable » afin d’identifier de façon agile ses opportunités de croissance. C’est ce processus de simplification, de reconcentration sur son cœur d’activité, de spécificité et de valeur ajoutée, qui passe par une étape initiale complexe qu’exige le modèle français. Revendiquons-le !

Pour être « focus », d’abord être expérimental!

Tout est dans le titre. Le modèle US qui sait financer l’innovation et la « scalabilité » ne sait pas offrir de chance à des expérimentations qui dépassent les seules entreprises qui les mènent et peuvent bouleverser leur paysage, leur écosystème, positivement. A l’inverse cette économie casino (?) sait créer des Napsters qui agissent tels de puissants tsunamis. Combien de Napsers pour des milliers d’OWNI ? Combien d’expérimentations qui puissent être ET d’intérêt public ET « sustainaible » (être rentable est déjà rare dans notre paysage !) ET « scalable » à terme (le vrai défi pour “l’information augmentée”) ?

Pour être « scalable », d’abord comprendre où sont les FBI

La FBI c’est la « Faculté Brute d’Investissement », expression inventée à la soucoupe, mêlant actif comptable et marge d’exploitation réelle, qui mesure l’aptitude, brute, comme son nom l’indique – c’est à dire avant arbitrages stratégiques – à financer de l’innovation de façon endémique. Avant de tenter de décliner et de proposer en B to C une offre, je pense sincèrement que l’élaborer de façon transversale et didactique avec une cible fortement B to B n’est pas le pire des chemins. La preuve s’il en fallait une : nous sommes encore là. Et vous aussi !

Pour être d’intérêt public, d’abord être indépendant ;-)

Je vais finir par mon point #anarnaute, l’édito du mensuel étant le seul lieu de cet exercice cathartique, en re-précisant ce qu’est un éditeur de presse (“celui qui prend soin” d’après la définition du dictionnaire de l’académie française, de 1762) au sens fondamental de cette expression à connotation juridique : un éditeur de presse est une entreprise bicéphale qui associe des talents en deux pôles, l’un est une rédaction qui dans le meilleur des cas se pose des questions d’intérêt public, et l’autre une société profitable, qui dans le meilleurs des cas tire son indépendance de cette profitabilité. Tout est ici résumé. L’indépendance est garantie par cette « bicéphalité ».

Un projet de média qui serait seulement « scalable » serait « VC compatible », mais est-il alors gage d’indépendance ? Je crois foncièrement le contraire – comprenez : je crois que le contraire est davantage gage d’indépendance. Non pas la pauvreté, mais la recherche de l’équilibre lors de la phase de constitution. Deux mois parfois. Près de 3 ans dans notre cas. Cinq ans en comptant “les années blogs” et 1 an et demi en ne regardant notre histoire que depuis la naissance de la seule soucoupe OWNI.

OWNI’s growing

On a appris à SxSW. Appris notamment à répondre à cette question : « comment t’es scalable ? ». Une réponse à base de livres électroniques (des ebooks et notamment des ebooks augmentés) et d’apps, de webapps universelles – question de religion – mais d’apps iPad aussi, de Push encore, de “niquer Murdoch” enfin – par pragmatisme il paraît. On a appris qu’il ne fallait pas tenter de cloner OWNI.fr aux Etats-Unis mais qu’il nous fallait tenter de conquérir de nouveaux territoires, avec de nouvelles cartes, et un modèle dédié à ce western.

Simplexifier

Nous allons réaliser outre-atlantique une/la killer app ipad de datajournalism que nul n’a encore délivrée, le seul média conçu pour l’iPad qui embarque des contenus réellement augmentés…

… Et non des photos du chien le plus riche au monde – paix à ton âme, Rupper :)

De SxSW à Marie Christine

Cet article est dédié à Marie-Christine, qui se reconnaîtra, et qui avant les Texans nous avait posé les bonnes questions. Mais le contexte est roi. Cet article est aussi dédié à Xavier, qui a gagné au Texas et passé sa nuit à faire autre chose que de boire. Le modèle français en fut troublé – et le contexte empereur :-)

Cet édito est également dédié à Google, Wired, Actuel, et à Pierre, entre autres !

Dans les semaines qui viennent OWNI souhaite boucler sa seconde levée de fonds, son “round b”. Dans les mois qui suivent nous ouvrirons le « round a » de notre première filiale, américaine. Comme à chaque étape de nos joies et de nos batailles, nous vous tiendrons informés de ce que nous apprenons, en marchant. Non sans passion!

Retrouvez:

- l’article contant notre première aventure américaine (et le prix d’excellence générale en journalisme online, à l’ONA – Washington)

- Tous les éditos de la Soucoupe

- SxSW sur OWNI

Extrait du document de présentation de la stratégie d’OWNI (France – USA – 2011) / CC 22Mars SAS.

Illustrations CC FlickR par alykat, Visualist Images, • ian

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http://owni.fr/2011/03/31/edito-france-round-b-fever/feed/ 5
Dérégler l’horloge d’ACTA http://owni.fr/2010/06/28/deregler-lhorloge-dacta/ http://owni.fr/2010/06/28/deregler-lhorloge-dacta/#comments Mon, 28 Jun 2010 15:32:01 +0000 Monika Ermert (IPW) http://owni.fr/?p=20446 La petite ville guindée de Lucerne, en Suisse, accueille cette semaine le neuvième round de négociations visant à la signature de l’Accord Commercial Anti-Contrefaçon (plus connu sous sa dénomination anglaise, ACTA : Anti-Counterfeiting Trade Agreement). Pendant que les onze parties prenantes aux négociations se retrouveront au Palace Hotel, le Parti Pirate suisse et ses homologues allemands et autrichiens organiseront un rassemblement en gare de Lucerne.

Des ONG et des associations de plus en plus impliquées

Aujourd’hui, les présidents et vice-présidents des partis pirates et un groupe constitué de douze ONG vont rencontrer brièvement certains des négociateurs, selon les dires de Jürg Herren, de l’Institut suisse de la propriété intellectuelle. Les médias ne sont pas autorisés à suivre ces rencontres.

Nous espérons que ces rencontres constitueront un précédent pour la tenue de rencontres régulières entre les négociateurs et les ONG“, a déclaré Patrick Durisch, responsable du programme santé de la Déclaration de Berne, une ONG qui travaille sur les problématiques Nord-Sud. “Si les consultations au niveau national sont une bonne chose, a-t-il déclaré à Intellectual Property Watch, les ONG veulent être plus impliquées au niveau international et avoir connaissance des textes en cours de négociation plus souvent“. “D’une façon tout à fait non-démocratique, ACTA contribuera à l’instauration d’un climat de suspicion général sans pour autant résoudre le problème des faux médicaments ou des médicaments dangereux“, a indiqué pour sa part la Déclaration de Berne dans un communiqué.

Médecins Sans Frontières, Act up-Paris, Knowledge Ecology International, Oxfam, La Quadrature du Net, Third World Network et des représentants de l’université de Droit de Washington participeront également à une rencontre d’une heure et demie avec certaines délégations de négociateurs. Les dirigeants des partis pirates rencontreront quant à eux les négociateurs cet après-midi, après une réunion publique.

Nous demanderons l’arrêt des négociations“, a déclaré Denis Simonet, président du Parti Pirate suisse. “Je pense qu’il est impossible de corriger en trois mois (le temps écoulé depuis que le brouillon du texte a été rendu public) un texte qui a été négocié en secret pendant des années“, précise M. Simonet. Son parti reste donc très sceptique, malgré l’assurance donnée par la délégation suisse que l’ACTA n’impliquera aucune modification de leur législation nationale (une promesse qui a été faite par la majorité des parties prenantes aux négociations au cours de débats publics).

Le problème c’est qu’un accord international sur le renforcement de la propriété intellectuelle va compromettre la flexibilité nécessaire aux lois qui seront promulguées dans le futur“, a expliqué M. Simonet en renvoyant à la gestion des droits numériques en général. “Les contrôles aux frontières, les saisies ou des lois pénales contre les violations des brevets ne sont pas non plus acceptables“, a-t-il dit. Son parti se réservera le droit d’appeler à un referendum contre la signature suisse de l’ACTA. Samedi, les activistes du Parti Pirate prévoient des actions dans de nombreuses villes allemandes dont Berlin, Hambourg et Munich, ainsi qu’à Luxembourg, Graz et Vienne.

Le champ d’action d’ACTA n’est pas encore défini

Jürg Herren a déclaré que le champ d’action d’ACTA, et pas seulement au vu des brevets, est encore sujet à discussion.

A l’origine, la Suisse voulait que le champ de l’accord soit large, en adéquation avec la propriété intellectuelle en général, a-t-il déclaré. Mais nous reconnaissons que certaines parties ont de gros problèmes avec ça, nous avons donc changé notre position. Concernant les mesures aux frontières, il y a un consensus émergent quant à exclure les brevets. Que les brevets fassent partie du cadre juridique d’ACTA est donc encore soumis à discussion“.

En excluant les brevets d’ACTA, les saisies de médicaments génériques pourraient être éliminées, “une inquiétude valable et très compréhensible,” a reconnu Herren, et que les négociateurs ont tenté d’apaiser par leurs déclarations lors du dernier round de négociation à Wellington (Nouvelle-Zélande).

Des critiques de plus en plus virulentes

Pourtant, non seulement les ONG, mais aussi les pays en développement, particulièrement l’Inde, sont prudents quant à l’apport d’ACTA dans ce domaine. Lors d’une récente réunion du Conseil de l’OMC sur les Aspects des Droits de Propriété Intellectuelle qui touchent au Commerce (ADPIC), l’Inde a averti que l’accord, qu’elle considérait comme contournant les négociations multilatérales, pourrait restreindre les flexibilités des ADPIC et nier les bénéfices induits par la Déclaration sur la Santé publique de Doha. Herren a déclaré qu’il n’y avait pas de discussion entre le groupe des négociateurs d’ACTA et l’Inde sur le sujet en ce moment. L’Inde a par ailleurs annoncé son intention de rassembler des pays du même avis contre ACTA et a été rejointe dans sa critique par la Chine au Conseil des ADPIC.

La semaine dernière, quatre-vingt-dix experts rassemblés à la Faculté de Droit de l’American University à Washington n’étaient pas  vraiment soulagés par les promesses des parties négociatrices d’ACTA. Ils ont publié un communiqué, qu’ils apporteront à Lucerne cette semaine, remettant en question un grand nombre de déclarations des négociateurs.

Les quatre-vingt-dix universitaires, praticiens et organisations des six continents rassemblés pour la réunion de Washington (voir ce billet sur Owni) ont souligné qu’ACTA allait interférer avec les libertés fondamentales des citoyens, ce qui n’est pas compatible avec l’accord ADPIC, que cela va accroître les recherches aux frontières mais également encourager l’approche de la “riposte graduée”. Herren a déclaré que les commentaires des experts étaient très certainement valides, même si certaines phrases étaient superflues, comme “interférer avec les libertés fondamentales des citoyens“.

Pour le round de négociations de Lucerne, la Suisse s’attend à finaliser les chapitres d’application des mesures du droit civil et des contrôles aux frontières.

James Love de Knowledge Ecology International (KEI) a écrit à Intellectual Property Watch que les questions sur lesquelles KEI allait se concentrer dans leur intervention d’aujourd’hui étaient reliées aux mesures d’exécution du droit civil. KEI a également protesté contre ce que l’organisation considère comme des dispositions de plus en plus strictes par rapport à celles prévues dans l’ADPIC. Certaines des dispositions d’ACTA, selon l’analyse détaillée de KEI, seraient en contradiction avec la législation américaine pré-existante.

Questions sur le chapitre Internet

La partie la plus difficile du point de vue du pays hôte pour le neuvième round des négociations est le chapitre Internet.

C’était le chapitre où la Suisse elle-même avait quelques problèmes, a admis Herren. Retirer l’option “triple-effet” du texte – visant à bannir les contrevenants d’Internet –  n’était pas envisageable, a-t-il dit, parce que certains pays ont déjà implémenté un tel système. Les négociateurs suisses eux-mêmes ont eu quelques inquiétudes quant aux autres systèmes de ripostes graduées.

Oublier tout le chapitre Internet résoudrait certainement quelques questions, mais ne semble pas être une option, certaines parties considérant que c’est une partie centrale concernant des mesures coercitives dans le champ digital, pour la première fois élaborées à un niveau international.

Les fournisseurs d’accès Internet (FAI) européens ont aussi repéré des dispositions préliminaires qui violeraient la législation européenne actuelle. Deux semaines auparavant, dans une déclaration commune, les associations européennes de téléphonie et les FAI européens ont averti que l’ACTA était en conflit avec la disposition principale de la directive européenne sur le e-commerce en “subordonnant l’exception du safe-harbour [NdT: protection juridique maximale] à d’autres objectifs politiques“.  Aussi, “l’obligation proposée aux fournisseurs d’accès de révéler l’identité de leurs abonnés directement aux ayants droit viole les lois européennes sur la protection des données“, ont déclaré ces organisations.

Pendant ce temps, l’International Trademark Association (INTA) et la Business Action to Stop Counterfeiting and Piracy (BASCAP) ont conjointement soumis des recommandations et des commentaires sur le texte de l’ACTA.

Ces deux organisations ont recommandé de maintenir “le spectre originel, étroit, de l’ACTA à la contrefaçon des marques et aux violations du copyright, pour une application efficace d’ACTA dans des pays différents”. Actuellement, disent-ils, “le texte préliminaire à l’accord inclut un large spectre de droits de propriété intellectuelle, ce qui risque de diluer l’objectif et la force générale de l’accord commercial“.

En outre, ils soutiennent l’idée d’autoriser les autorités douanières à “saisir des biens en transit suspectés d’être contrefaits ou piratés quelle que soit leur destination finale“. Ils cherchent également à retirer la disposition de minimis qui vise à exclure des saisies douanières les petites quantités de contrefaçons de nature non-commerciale. “Nous pensons que faire une exception explicite permettant aux voyageurs d’apporter des biens à usage personnel envoie le mauvais message aux consommateurs : qu’acheter des contrefaçons est accepté par le gouvernement” ont-il affirmé.

Que le maquignonnage commence ?

Prévoir une chronologie d’ACTA semble impossible à l’heure actuelle. Les partie négociatrices disent viser une fin des négociation à la fin de l’année, probablement pour finir avant que survienne ce qu’un expert d’ACTA auprès du Parlement européen appelle “une crise d’ACTA“.

Je m’attends à ce qu’on abandonne plusieurs dispositions importantes,” ont déclaré Kimberlee Weatherall, professeur à la faculté de Droit de l’Université du Queensland et un chercheur associé au sein du Centre Australien pour la Propriété Intellectuelle dans l’Agriculture, qui a analysé les changements qu’ACTA (pdf, anglais) pourrait apporter dans la loi australienne.

Depuis avril, il y a eu des négociations, a déclaré Weatherall. Mais les discussions sur la portée du traité – y compris le débat de savoir si oui ou non il faut exclure complètement les brevets – est difficile à résoudre.

Le nombre de réunions additionnelles nécessaires – comme la récente à Genève – est inconnu. Il y aura probablement quelques rounds de négociations supplémentaires, a déclaré Weatherall, car la partie institutionnelle – mettre en place le secrétariat général de l’ACTA – n’a pas été beaucoup discutée.

Mais aujourd’hui, dit-elle, “je pense que les différentes parties comprennent bien les positions des autres sur les points essentiels et vont probablement aboutir soit sur un texte satisfaisant tout le monde, ou vont devoir commencer à maquignonner“.

Publié en anglais sur Intellectual Property Watch, traduction Guillaume Ledit et Martin Untersinger.

Image CC Flickr nitot

Téléchargez la très belle affiche réalisée par Geoffrey Dorne pour cette une sur ACTA à cette adresse !

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